BOUQUETIÈRES CHAPELIÈRES

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Des fleurs et des femmes, le métier de bouquetières chapelières

 

Hello les amis,

Je suis enfin de retour! Et oui après un mois d’absence à m’occuper de mon petit trésor, je reviens avec un article d’histoire! J’ai envie aujourd’hui de vous parler de femmes, d’un corps de métier totalement féminin, fondé sous l’ancien régime. Les bouquetières  chapelières.

 

François Boucher, La Bouquetière

 

Avant que n’apparaissent les bouquetières chapelières, probablement, au XVe siècle. La confection des bouquets était réservée aux chapeliers de fleurs et aux jardiniers-fleuristes.

Il faut savoir qu’aucune exception n’était faite, chez les bouquetières, les fils ne peuvaient pas reprendre l’affaire de leur mère de même que le veuf ne pouvaient en aucun cas reprendre l’affaire de sa défunte femme. La communauté des bouquetières chapelières étaient donc entièrement féminine.

C’était une organisation fortement hiérarchisée, de type pyramidale : au sommet se trouvaient les maîtresses jurées de la profession (elles disposaient de pouvoirs sur les autres maîtresses, sur la marchandise ainsi que sur l’organisation du métier), les maîtresses bouquetières (elles dirigeaient le métier, étaient habilitées à l’exercer et avaient pour but de sauvegarder les intérêts corporatistes de ce dernier), les compagnons (femmes qui avaient déjà reçu un apprentissage et qui étaient toujours nourries et logées par leurs maîtresses chez lesquelles elles perfectionnaient leur formation), et enfin les apprenties ( des jeunes filles qui venaient vivre chez une maîtresse pour une durée de six ans dans le but d’apprendre le métier).

Sous l’ancien régime, il existaient plusieurs façons d’exercer le métier de bouquetière-chapelière. Les plus nombreuses sont les maîtresses marchandes officielles, c’est-à-dire celles qui ont suivi l’apprentissage, celles qui avaient le statut dont je vous ai parlé plus haut. Mais il existe aussi des bouquetières-chapelières qui n’avaient pas le titre de maîtresse et qui n’avaient pas effectué l’apprentissage. C’était de petites marchandes, officieuses, qui proposaient des fleurs dans la rue. Elles n’avaient aucun droit et ne faisaient pas partie de la communauté. Elles faisaient concurrence aux maîtresses officielles.

 

Nicolas Larmessin, Habit de Bouquetière

 

A cette époque les occasions d’offrir des fleurs étaient très nombreuses. Les hommes achetaient des bouquets à leurs femmes ou à celles qu’ils aimeraient séduire. Souvent le bouquet offert étaient accompagné d’un mot doux. En effet, le bouquet peut être le symbole direct de cet amour et du sentiment avoué ou bien il permettait de faire porter un message caché à une dame que l’on ne peut aborder aisément. On ne vit clairement plus à la même époque! 😉

A l’époque moderne, il étaient fréquent de voir les femmes porter des fleurs sur leurs costumes ou dans leurs coiffures. Les gravures et tableaux de l’époque nous montrent souvent des coiffures serrées complétées par l’ajout de petites fleurs qui pouvaient être des roses miniatures, du lilas… Les fleurs étaient aussi utilisées en petits bouquets pour orner les bustes des robes : les bouquetières utilisaient pour les confectionner des roses, des jonquilles, des bleuets, des fleurs d’oranger entre autres.

A la fin du XVIIIe siècle, la communauté des bouquetières-chapelières est en fort déclin, concurrencée par les marchandes de modes. Après avoir régné sur le monde des ornements floraux des costumes féminins, elles doivent se contenter de la vente pure et simple des bouquets. Elles doivent faire face à la spécialisation des métiers, phénomène dont elles avaient profité pour émerger en tant que corporation au XVe siècle. Elles ont finalement subi elles-mêmes ce qu’elles avaient infligé aux jardiniers et ne sont désormais plus que bouquetières, délaissant de force la confection des coiffures et chapeaux aux marchandes de mode.

 

François Boucher, Madame de Pompadour, 1759

 

De plus, l’image de la Bouquetière est entachée par son statut de travailleuse. Une corporation féminine cacherait en réalité une forme de prostitution et qui même pour certaines d’entre elles, l’encouragerait. Pour l’homme de cette époque, une femme qui travaille dérange. Une femme qui travaille dans une corporation féminine indépendante dérange d’autant plus et inspire de la méfiance… […]

Au XVIIIe siècle, la représentation de la bouquetière-chapelière change à nouveau. Elle est toujours représentée comme une belle fille toujours bien arrangée et apprêtée. Ceci est dû au changement de style qui touche l’art : en effet, le genre pictural qui s’impose et se diffuse dans toute l’Europe est le style « rococo ». Les auteurs jouent à l’extrême sur le côté jolie jeune femme lié à l’usage de la fleur : dans la réalité les marchandes ne devaient pas être ainsi. Le problème soulevé est le suivant : doit-on considérer que les gravures du XVIIIe siècle sont un bon outils pour décrire un métier ? En effet, il semble que les graveurs aient plutôt cherché à montrer le côté champêtre apporté par l’association de la marchande et de sa marchandise.

 

Etant passionnée par l’art et l’évolution des modes, je ne pouvais pas passer à coté de ce métier qui est à l’origine du miens. D’ailleurs je reprends mon statut d’apprenti à la rentrée prochaine!

Le Brevet Professionnel est en préparation!

 

A très vite,

LOVE

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Source : Sabrina Cauchy, Les bouquetières-chapelières en fleurs à Paris sous l’Ancien Régime, 2007

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